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20 octobre 2020

Par Paul Robitaille, directeur, Relations avec les Autochtones et les jeunes

Par Paul Robitaille, directeur, Relations avec les Autochtones et les jeunes

« Le droit à la terre et à l’autonomie gouvernementale. Le droit à l’autodétermination. Ces causes valent dans toute société. »

Étant Métis, cette affirmation faite par Jim Sinclair lors de la conférence de 1987 des premiers ministres me trotte souvent dans la tête.

L’autodétermination — la capacité de poursuivre librement sa destinée — est un droit humain fondamental. Il est consacré dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et a depuis été reconnu officiellement par le gouvernement du Canada.

Plus de 35 ans après, le principe de M. Sinclair tient toujours, mais le Canada se demande encore comment donner vie à ce principe des plus fondamentaux. Il est indéniable que des progrès sont faits, mais pas au rythme que bon nombre voudraient. Démêler l’écheveau de systèmes, de comportements et de préjugés coloniaux sur lequel est fondée la société canadienne est une tâche complexe, une tâche qui exige des approches nuancées, propres à chaque nation et définies à partir de relations de nation à nation.

En tant qu’ancien représentant élu de la Nation métisse, j’ai pris part à des discussions avec des ministres, des hauts fonctionnaires et des dirigeants d’entreprises pour tenter de démêler cet écheveau. Je peux témoigner des nombreux défis pratiques qui jalonnent le parcours vers une réconciliation complète et durable. Je peux aussi témoigner de la valeur qu’ont les échanges, la meilleure connaissance les uns des autres et l’établissement de relations, malgré tout le temps que cela prend.

Ce qui m’anime le plus, toutefois, reste la multitude de façons dont les peuples autochtones, à la grandeur de ce qu’on appelle aujourd’hui le Canada, affirment leur droit inhérent à l’autodétermination, par de petits et de grands efforts aussi variés et uniques qu’ils le sont eux-mêmes, apportant du même coup un changement positif et durable pour leurs collectivités.

La #RévolutionParLePerlage a été l’un de ces efforts auxquels j’ai eu le privilège d’être associé. Le raisonnement, quant à moi du moins, était simple. Pour promouvoir les droits et les aspirations de notre nation maintenant et à l’avenir, il nous fallait exploiter l’ensemble des connaissances et des compétences et la passion de tous les citoyens métis, et notamment les jeunes Métis. Pour créer cette conscience collective, nous devions retrouver un sentiment d’identité commune et de fierté que nombre de jeunes Métis cherchent si désespérément.

Ce qui avait commencé comme un projet d’enseigner simplement le perlage métis de motifs floraux à une nouvelle génération, afin que chaque jeune puisse se sentir relié à son patrimoine métis et en être fier, s’est transformé en un mouvement de changement bien plus vaste qu’aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer au départ.

Le plus grand nombre de jeunes qui arboraient du perlage a mené à davantage de sensibilisation, d’intérêt et de demandes de matériaux et d’instructions autant parmi les Métis que les non-Métis. Pour répondre à cet enthousiasme et suffire à la demande, notre groupe de jeunes a créé une trousse « Apprenez le perlage » — comprenant tout ce dont une personne a besoin pour réaliser son premier projet de perlage, avec instructions illustrées, le tout dans un pot pratique et facile à expédier par la poste.

En vendant ces trousses au prix de 20 $ à des particuliers, des collectivités, des fournisseurs de services, des gouvernements, des conseils scolaires et bien d’autres, nous avons non seulement suscité la prise de conscience et l’engouement que nous espérions, mais avons récolté aussi assez d’argent pour lancer un programme de microcrédits à la grandeur de la province. Grâce à ce programme, tout jeune Métis pouvait demander jusqu’à 500 $ pour tenir un rassemblement communautaire ou un événement culturel pour réunir les membres, jeunes et vieux, de la collectivité. Nous savions que le potentiel de nos jeunes gens était infini. Les subventions les ont aidés à lui donner vie.

Avec le soutien d’un nombre croissant de partenaires, ce succès a donné lieu à une conférence annuelle des jeunes Métis, à l’emploi d’une personne à plein temps uniquement pour voir aux problèmes des jeunes Métis et à une initiative à la grandeur de la province permettant aux jeunes Métis de se regrouper pour agir sur les questions qui leur importaient le plus, comme l’éducation, la santé et le bien-être, l’environnement, la langue et la culture, et l’édification de la nation. 

Notre petite idée a fait son chemin parmi les jeunes Métis, qui se regroupent pour faire valoir leur droit inhérent à l’autodétermination. Comme je ne suis plus jeune, les initiatives se poursuivent avec une nouvelle génération de leaders. 

Travaillant aujourd’hui à la Sustainable Forestry Initiative (SFI) et à Apprendre par les arbres Canada (APLA Canada), je ne cesse d’être étonné d’apprendre de quelles façons d’autres nations autochtones exercent de manière active et créative leur droit inhérent à l’autodétermination, et de collaborer avec elles.

C’est le cas, par exemple, de la Première Nation de Lac Seul, dont l’entreprise Ondaadiziwin Forest Management, qui appartient à la collectivité, a obtenu le premier permis amélioré d’aménagement forestier durable de l’Ontario et la certification selon la norme d’aménagement forestier SFI. Par le biais d’Ondaadiziwin, la collectivité de Lac Seul crée des emplois et des possibilités de formation pour les jeunes locaux. Ils renforcent leurs liens avec les municipalités, les entreprises et les gestionnaires des terres locaux. Ils ont non seulement récupéré la gestion active de plus d’un million d’hectares de leur territoire, mais ils bâtissent du même coup une économie locale résiliente et durable.

SFI et APLA Canada ont eu le privilège de collaborer avec Ondaadiziwin pour apporter un changement positif et axé sur la collectivité, favorisant les intérêts et les priorités qui importent le plus à ses membres. Ensemble, nous avons soutenu des emplois verts liés au territoire pour les jeunes, investi dans la formation professionnelle pour renforcer la capacité d’aménagement forestier de la nation et diffusé les récits et les expériences des leaders forestiers de Lac Seul afin d’inspirer la prochaine génération de ses gardiens de l’environnement.

Tout comme SFI et APLA Canada, les Canadiens, jeunes et vieux, en appellent à la bonne entente et à la réconciliation, en écoutant et en apprenant à devenir les meilleurs voisins et partenaires possibles. Nous avons tous un rôle à jouer, et celui de laisser les peuples autochtones mener n’est pas le moindre.

La réalité qui, pour moi, a commencé avec la #RévolutionParLePerlage et qui devient chaque jour plus claire, c’est que les peuples autochtones mènent depuis longtemps et vont continuer de le faire. Les efforts que déploie la Première Nation de Lac Seul par le biais de l’aménagement forestier durable ne sont qu’un exemple parmi une liste bien trop longue et variée pour que je puisse la décrire en entier. Grâce à la créativité, à la détermination et à un partenariat respectueux, cette liste continue chaque jour de s’allonger. 

Voyant cela maintenant des deux côtés de la table, je ne peux faire autrement que de reconnaître le caractère prophétique des propos tenus par M. Sinclair lors d’une conférence des premiers ministres, il y a de nombreuses années : « Ce n’est pas la fin. Ce n’est que le début… Nous traçons de nouveaux chemins pour ceux qui viendront dans l’avenir. Ne vous inquiétez pas, Messieurs le Premier Ministre du Canada et les Premiers Ministres des provinces, il se peut qu’un jour je ne sois plus là, mais d’autres viendront. »

Article d’origine publié par Alternatives Journal, que vous pouvez lire en cliquant ici.

A\J est la plus ancienne revue environnementale du Canada, et est la publication officielle de l’Association canadienne d’études environnementales

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