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Ce n’est pas qu’un zoo ici

18 mars 2019

Lieu : Winnipeg (Manitoba)

Situé à quelques minutes du centre-ville de Winnipeg, le zoo du parc Assiniboine s’étend sur plus de 80 acres et présente près de 200 espèces toute l’année.

Le zoo n’est toutefois pas qu’une attraction touristique populaire. Il est administré par l’organisme Assiniboine Park Conservancy (APC), créé il y a dix ans, qui mène des efforts de recherche et de conservation. L’été dernier, l’organisme a embauché deux stagiaires parrainées par Projet Éducation forestière Canada.

« Il y a tant de questions sans réponse, affirme l’associée de recherche sur l’ours blanc Katie Florko. Je pense que la curiosité est ce qui m’a amenée à m’intéresser à la recherche. »

Florko a fait des études de premier cycle en biologie à l’Université de Winnipeg, dans sa ville natale. Le printemps dernier, elle a obtenu son diplôme de maîtrise de l’Université York, où elle s’était penchée sur la façon dont la glace de mer influe sur le régime alimentaire et l’état corporel de l’ours blanc. Elle vient de commencer son doctorat, portant aussi sur l’ours blanc, à l’Université de la Colombie-Britannique.

À l’APC, elle s’est servie d’un logiciel pour cartographier des données historiques sur l’emplacement des tanières d’ours blanc afin de situer la densité et les points névralgiques dans l’Arctique canadien.

L’apprentissage du codage des données et la connaissance des théories de l’analyse statistique, bien qu’exigeants, se sont finalement avérés très enrichissants.

« Les deux premières semaines, j’étais à mon poste, je lisais beaucoup, je téléchargeais et compilais des données et les transférais dans le logiciel, dit-elle. Puis, je me suis davantage penchée sur le travail de cartographie en tant que tel. Et maintenant, je travaille à mettre le tout par écrit et à essayer de savoir ce que cela signifie et comment cela pourrait s’appliquer à la conservation et être un outil de gestion. »

La stagiaire en conservation et en recherche Jade Tanner a participé à un autre projet de conservation de l’APC : l’hespérie de Poweshiek.

En voie de disparition, le petit papillon brun n’est pas aussi impressionnant que les ours blancs qu’étudie Florko. Tanner dit que certaines personnes n’arrivaient pas à croire que son travail consistait à attraper et à élever des papillons.

« Nous les attrapons dans la nature, puis nous récoltons et élevons leurs œufs et leurs larves pour leur donner un bon départ dans la vie, explique Tanner. Nous les relâchons dans l’environnement l’été suivant, en espérant que nous empêcherons la disparition de l’espèce. »

Ses journées de terrain étaient courtes et commençaient généralement à 8 h, parce que les papillons ne sortent que pendant les moments les plus chauds et les plus ensoleillés.

À l’un de deux sites, les chercheurs effectuent des relevés par transect pour mesurer l’abondance de l’hespérie dans le secteur. Ils marchent en ligne droite sur 100 mètres et notent leurs observations de papillons et de fleurs dont ils récoltent le nectar.

Ils attrapent parfois des hespéries femelles pour les apporter au zoo, et les relâchent quelques jours plus tard.

Tanner notait aussi les collisions d’oiseaux avec des fenêtres à l’intérieur du zoo et aidait les étudiants diplômés en accomplissant différentes tâches.

Un des aspects favoris de son travail, toutefois, était les études du comportement de l’ours blanc.

Elle notait le comportement des ours afin de les catégoriser par types de personnalité et de déterminer lesquels s’entendraient le mieux.

« C’est une chose assez novatrice qu’ils essaient de faire. Nous avons plusieurs ours blancs dans notre zoo et, dans certains cas, nous pouvons réellement prévoir de quelle façon ils interagiront les uns avec les autres, poursuit Tanner. Ils cherchent à savoir si les ours apprécient plus particulièrement certains endroits de leur enclos et essaient de les reproduire dans d’autres enclos plus récents. »

Elle est actuellement à mi-chemin de ses études environnementales de premier cycle à l’Université du Manitoba.

« J’ai commencé mes études universitaires un peu tard, dit la jeune femme de 28 ans. Je travaillais dans le commerce de détail et j’ai décidé que je ne voulais pas faire cela pour le reste de mes jours, alors je suis allée en ligne et j’ai commencé à regarder les emplois qui étaient plus tournés vers l’extérieur, parce que c’est là que se trouvent la plupart de mes intérêts personnels. »

Tanner souhaite faire carrière en conservation des plantes ou en restauration d’écosystèmes complets, peut-être comme biologiste spécialiste de la restauration. Elle espère trouver un emploi avec son seul diplôme de premier cycle, mais elle n’écarte pas des études supérieures.

Quant à Florko, elle est passée directement de ses études de premier cycle à ses études de maîtrise et maintenant à ses études de doctorat après un été de « relâche » à Assiniboine.

« Je suis heureuse d’avoir un répit et un travail pour un été, s’esclaffe Florko. Je sais que si j’étais passée directement aux études de doctorat, je n’aurais pas eu la chance d’acquérir les compétences que j’acquiers maintenant dans ce poste. C’est bien de pouvoir dire qu’on a tout fait; c’est aussi vraiment bien de prendre le temps et d’acquérir des compétences, et de savoir plus clairement l’orientation qu’on veut donner à sa recherche. »

Florko mentionne la nécessité d’une expérience pratique pour permettre aux étudiants de mieux comprendre les animaux qu’ils étudient et, surtout, pourquoi ils font leur travail.

Elle n’est pas certaine de vouloir aboutir, après son doctorat, dans un organisme à but non lucratif, une université, un gouvernement ou une industrie. Elle sait qu’elle veut continuer en recherche et elle a, de toute façon, de quatre à six ans pour y penser.

« Je m’intéresse aux relations entre proie et prédateur et à l’incidence que les milieux ont sur celles-ci, dit-elle. Je ne suis pas tout à fait certaine de ce à quoi ressemblerait mon emploi de rêve, mais je pense qu’il porterait sur l’écologie des prédateurs et, avec un peu de chance, me permettrait d’avoir une certaine incidence sur la conservation. »

Visitez le parc et le zoo Assiniboine en personne ou en ligne pour en savoir plus sur ce que font les personnes qui, comme Florko et Tanner, travaillent en conservation et en recherche.

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